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[vivre l’aventure]
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Vivre sur un bateau
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Passer une tranche de vie au fil de l'eau,
ça vous tente ? Mais les questions se font nombreuses
quant à l'organisation d'un tel challenge… Quatre
intervenantes ayant expérimenté la vie sur un
bateau soit en tant qu'enfant, soit en tant que parent,
répondent à ces questions.
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Quatre histoires différentes… Virginie :
Après de nombreuses navigations en Méditerranée,
ses parents ont pris une année sabbatique pour partir avec leurs
deux enfants, Virginie, alors âgée de 13 ans et son petit
frère, âgé de 8 ans. Ils ont visité les Antilles,
après avoir fait une traversée de l'Atlantique.
Somaëlle :
Après avoir passé 20 ans au Sénégal, son
père n'a pas eu envie de s'installer en France. Il a commencé
à construire un bateau, puis a vendu son cabinet dentaire et
a embarqué sa femme et ses deux filles de 8 et 12 ans pour un
vagabondage de 2 ans. Ils ont navigué dans les Antilles, après
une traversée de l'Atlantique.
Bénédicte : Elle est partie 2 ans avec son mari et ses deux
enfants de 9 et 5 ans sur un bateau entre la Martinique, les petites
Antilles, les Grenadines et le Vénézuela.
Léocadie :
Ses parents ont passé leur vie à construire un bateau.
Une fois la construction achevée, ils sont partis de Melbourne
et ont remonté la côte Australienne, pour se terminer en
Nouvelle-Calédonie. Ils ont vécu au fil de l'eau pendant
6 ans, alternant les périodes de navigation et les périodes
au port.
Côté organisation fonctionnelle, comment ça se passe ? Virginie :
" Nous avions, mon frère et moi, chacun notre cabine. […]
Le carré était pour les repas lorsqu'il ne faisait pas
beau, le cockpit pour l'apéro, la lecture et le pont pour la
bronzette et la sieste. Le capitaine m'avait même bricolé
un petit bureau amovible dans ma cabine avec un plateau que je pouvais
rabattre. Sinon, pour la vie à bord, les enfants aidaient à
la vaisselle et au nettoyage du bateau. "
Bénédicte : " Dans notre deuxième catamaran, il y avait
une coque pour les enfants avec chacun une cabine et un coin toilettes
central, ainsi qu'une coque pour les parents. Au centre, un carré
avec cuisine, le tout d'un grand confort. L'énergie était
produite par des panneaux solaires et une éolienne puissante
: nous avions un réfrigérateur, congélateur, téléviseur
avec magnétoscope et un grand réservoir d'eau douce. "
Léocadie :
" J'avais une petite cabine à l'avant avec un petit bateau
et des rangements. Bien sûr, la place était limitée,
donc les jouets aussi ! […] cela m'obligeait à faire le
tri entre le nécessaire et le superflu. Il y avait même
un deuxième lit pour inviter une amie. La pièce centrale
servait à tout : salon, salle à manger, salle de jeux,
bureau. Je n'ai jamais eu l'impression que c'était petit. "
Et pour la scolarité, quel système avez-vous adopté ? Virginie :
" C'était le CNED. Indépendante et bonne élève,
je travaillais seule mes cours de 4ème. Je me suis consacrée
uniquement au français, math, histoire-géo et aux langues.
La reprise en 3ème n'a posé aucun problème. En
revanche, pour mon frère, ça a été plus
difficile. Il était en CE2. C'est maman qui le faisait travailler
et elle s'arrachait les cheveux. Mon frère ne pensait qu'à
aller plonger dans l'eau ! "
Somaëlle :
" Pour l'école, nous suivions le CNED, mais c'était
beaucoup de boulot au détriment de la découverte des lieux
et des gens qu'on cotoyait. […] L'arrêt était inconcevable
pour mes parents, mais si c'est pour une seule année, l'arrêt
des études n'est pas un très gros handicap pour la suite.
"
Bénédicte : " Pour la scolarité, nous avons choisi
le CNED. Arthur, en CM1, s'est bien adapté à cette scolarité
; nous lui apportions notre aide quand il nous le demandait. Dans l'ensemble,
les cours étaient bien faits ; Arthur, déjà autonome,
a bien travaillé son CM1. En général, nous faisions
les cours le matin et pendant les navigations, nous révisions
les tables de multiplications ou les poésies. Pour Anne-Emmanuelle,
en grande section de maternelle, ce fut une autre histoire. Papa et
maman n'étaient pas là pour faire l'école ! Notre
fille n'a rien voulu apprendre par le CNED. "
Léocadie :
" Pour l'école, j'allais dans une nouvelle école
à chaque changement (une quinzaine au total). Etant assez studieuse,
je n'ai pas eu de problème particulier, sauf en arrivant en Nouvelle-Calédonie,
car je ne parlais pas français. J'ai appris en 2 mois et ai vite
pris un rythme de croisière. "
Qu'est ce que cela change dans les relations parents-enfants ? Virginie :
" Moi, j'étais ado et avoir mes parents sur le dos en permanence,
parfois cela m'embêtait. Mais je dois dire que l'ambiance était
vraiment décontractée. Nous avions rencontré un
autre bateau avec une fille de notre âge et nous avons voyagé
de concert pendant plusieurs mois. Parfois, pour de courtes navigations,
les filles voyageaient sur un bateau et les garçons sur l'autre.
"
Bénédicte : " Notre vie a changé puisque nous
passions plus de temps ensemble, parents et enfants : nous sommes ravis
de cette aventure enrichissante qui nous a permis de retrouver des valeurs
simples. "
Léocadie :
" C'était une vie de liberté totale. La communauté
des voileux est un monde à part et les récits de certains
ont bercé mon enfance. J'ai également d'excellents souvenirs
de fêtes de fin d'année sur l'eau, absolument inoubliables.
J'ai appris plus de choses en 6 ans que je n'ai appris durant les 15
années qui ont suivi. Pourtant, à l'adolescence, j'ai
pris cette liberté comme un abandon, alors que ce n'était
pas le cas."
Aujourd'hui, que vous reste t-il de cette expérience ? Virginie :
" Il me reste l'envie de voyager, de la découverte des autres.
Ne pas avoir peur de quitter ce que l'on connaît, de faire face
à l'inconnu. Enfin, la fierté de parler de cette expérience,
d'avoir traversé l'Atlantique. "
Bénédicte : " Notre vie a changé puisque nous
étions commerciaux dans les secteurs médical et industrie.
Depuis, mon mari crée des sites internet ; nous avons lancé
le site www.1000-croisières.com,
qui propose des bateaux, à voiles, à moteur ou en fluviale
sur de nombreuses destinations. "
Somaëlle :
" Pour moi, ça reste une expérience que j'ai adoré.
La mémoire familiale, ça compte beaucoup dans la construction
d'un enfant, je pense. "
Léocadie :
" je suis aujourd'hui, très partagée entre le besoin
de bouger et la sécurité d'une maison. Cette vie me manque,
mais j'apprécie autrement ma vie actuelle. "
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