[Vivre l’aventure]
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... nomade attitude
Depuis plus de 16 ans, la famille Clerfeuille-Blanchet parcourt le monde. Leurs deux enfants sont nés à l'étranger au cours de leurs pérégrinations. Aujourd'hui " sédentarisés " en France pour un temps, ils nous racontent comment ils vivent leur vie de nomades.
Sur leur site (http: //familleautourdumonde.free.fr/), la famille Clerfeuille-Blanchet le clame haut et fort : " C'est autour du monde que nous construisons notre vie ". Et en effet, leur parcours est l'illustration parfaite de ce que l'on appellerait une famille nomade. Tout commence il y 16 ans, comme le raconte Florence : " Quand j'ai connu Rémi, il préparait un voyage de six mois en Afrique de l'Ouest en side-car. Auparavant, il avait déjà fait une mission au Mali avec Vétérinaires Sans Frontières. De mon côté, je finissais mes études et je rêvais déjà depuis plusieurs années de voyager autour du monde. Je me suis donc tout de suite greffée sur le projet et nous sommes partis pendant l'été suivant mes examens. Quant à la suite... Lorsqu'on a goûté au voyage au long cours, il est difficile de ne pas repartir ! "
Effectivement, entre l'Afrique de l'Ouest (en side-car puis de nouveau en voiture) et les Amériques, du nord au sud, en 4L, on peut dire que le couple n'a pas chômé. Mais le plus extraordinaire dans cette histoire, c'est que cette envie de voyages et de découverte ne s'est pas ternie avec l'arrivée de leurs deux enfants. Florence explique : " Samuel, l'aîné, est né en Bolivie, mais nous n'y sommes restés qu'un mois et demi après sa naissance. Il a donc vécu en France jusqu'à l'âge de deux ans. Ensuite, nous avons passé un peu plus de deux ans en Angola (à Luanda) où Elisa est née à son tour. Deux nouvelles années en France ont passé avant que nous partions un an au Sri Lanka (à Colombo). De nouveau, un an en France, et nous sommes partis pour l'Amérique du Sud. Là, nous avons voyagé près de deux ans et avons parcouru tous les pays à l'exception de la Colombie, l'Equateur et le Pérou. " Ce
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dernier voyage s'est effectué à bord d'une camionnette Volkswagen complètement aménagée. Ce moyen de locomotion leur a permis de découvrir ce continent en toute tranquillité et d'aller à la rencontre des populations. Comme ils l'ont écrit sur leur site : " Voyager avec sa maison, c'est peut-être quelque part ne pas partir complètement puisqu'on n'abandonne pas tous ses repères. Mais c'est important pour les enfants d'avoir leur petit nid. C'est aussi se donner une autonomie fabuleuse. C'est surtout avoir la liberté de se déplacer à sa guise. De s'arrêter où on veut, quand on veut, aussi longtemps qu'on le veut. "

Accoucher autour du monde
Pour ses deux accouchements, l'un en Bolivie et l'autre en Angola, Florence s'est entourée de personnes compétentes, même si elle a eu parfois des surprises au final: " Samuel est né sur l'Altiplano, à près de 4.000 m d'altitude, dans un petit dispensaire tenu par une infirmière belge que nous connaissions depuis notre premier passage dans la région, un an plus tôt. C'était un choix de notre part, motivé par l'envie de vivre un accouchement le plus naturel possible. Toutefois, un hôpital bien équipé se trouvait à une vingtaine de minutes de route, au cas où. Tout s'est passé très simplement et relativement vite pour un premier accouchement, dans une ambiance très familiale. Ana (l'infirmière) et son mari étaient devenus des amis, leurs enfants se trouvaient tout près et je me sentais vraiment comme chez moi, entourées de gens que j'aimais. Pour moi, tout était parfait. J'en garde un excellent souvenir.
Pour Elisa, les choses se sont passées de manière très différente. J'ai accouché à Luanda, dans une clinique privée très bien équipée, avec une gynécologue expérimentée... qui avait fait ses études en Union Soviétique ! Les contacts humains n'étaient donc pas son fort... Elle a d'ailleurs vite décrété que tout devait être fini à 7h30 parce qu'elle avait un rendez-vous à son cabinet une demi-heure plus tard. On était plus dans l'ambiance stakhanoviste que dans la relaxation ! Bref, une expérience dont je n'aime pas trop me souvenir. "

Des enfants bien dans leurs baskets
Et les enfants dans tout cela ? Comment gèrent-ils ces séjours dans différents pays autour de la planète ? Florence reste prudente sur la question : " C'est un peu une question-piège. Comment savoir ce qui se passe exactement dans leurs têtes ? Ils s'adaptent évidemment et l'idée de quitter de nouveau la France n'a pas l'air de leur déplaire, mais dans la mesure où ce n'est pas LEUR choix, il est bien difficile d'en dire plus. Lorsque nous étions en Angola, Samuel a eu de gros problèmes d'eczéma, qui ont cessé dès qu'il a remis le pied en France. Mais ces problèmes ont aussi coïncidé avec la naissance de sa petite soeur. On ne peut donc pas vraiment savoir quel facteur a été le plus déterminant. " Côté scolarité, le couple n'a rien voulu laisser au hasard : " En Angola, Samuel allait dans une crèche locale et parlait portugais. Au Sri Lanka, tous les deux étaient scolarisés à l'Ecole Française de Colombo. Pendant notre voyage en Amérique du Sud, puisque nous étions itinérants, nous avons opté pour le CNED. Nous ne nous sentions pas capables d'assurer l'instruction des enfants sans support. Nous ne voulions pas non plus les couper totalement du système français. Et puis, cela simplifiait les choses au retour puisque le CNED est reconnu par l'Education Nationale. Ils viennent d'ailleurs de faire leur rentrée sans problème. "

Voyager avec des enfants
Nombreux sont les tourdumondistes qui racontent que leurs enfants leur permettent de faire des rencontres extraordinaires, qu'ils sont un trait d'union avec les populations locales. Même s'ils ne font pas le tour du monde, les Clerfeuille-Blanchet n'échappent pas à la règle. Ils affirment ainsi que leurs enfants sont toujours très bien accueillis dans les pays qu'ils ont " visités ". Florence précise : " Les relations que l'on peut avoir avec les gens changent complètement. La présence d'enfants attire invariablement la sympathie de la population. Même des fonctionnaires irascibles s'adoucissent en les voyant ! " Sympas, les locaux ? Un peu trop même parfois : " Il y a aussi une grande curiosité, surtout lorsque la couleur de peau est différente. Quand Elisa est née, à Luanda, tout le personnel de la clinique a défilé dans la chambre pour voir à quoi ressemblait un bébé blanc. Plus tard, à Colombo, ses cheveux blonds incitaient invariablement les passants à lui caresser la tête... ce qu'elle finissait par supporter assez mal. "
On l'aura compris, les souvenirs amassés pendant toutes ces années par la famille sont multiples et précieux. Même si leur situation actuelle est temporairement à la " sédentarité ", les Clerfeuille-Blanchet ne comptent pas en rester là. Ils continuent à alimenter leur site internet, en attendant la publication de leur livre, dont nous parlerons certainement dans ces pages.
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La...