[Vacances]
Naviguer avec ses enfants :
1ère partie : Avec bébé
Estelle et Hugh, deux amoureux de la voile, sont partis, en plein mois de novembre, avec leur petit bébé de 5 mois, sur leur voilier, de Fort Myers, en Floride, à Brunswick, en Georgie. Un périple de 10 jours sur les eaux intérieures de l’ICW, un réseau fluvial situé sur la côte Est des USA.
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C’est sur la côte Est des Etats-Unis qu’Estelle et Hugh, un couple épris d’aventure, ont appris la navigation. “C’était durant l’été 1997, sur la rivière Delaware. Puis l’été d’après, nous avons passé chaque week-end sur le voilier d’un copain sur la baie de Chesepeak.” Là, emballés par l’expérience, ils décident d’acheter leur propre bateau et de larguer les amarres. “En septembre 1999, nous avons quitté nos boulots à Philadelphie et avons descendu toute la côte Est en faisant de nombreuses escales, visites et découvertes le long de la baie de Chesepeak et le long de l’ICW (route intérieure formée de rivières et de canaux)”, raconte Estelle. Puis c’est la descente vers le sud : la Caroline du Nord et la Floride, d’abord, les Bahamas ensuite, avec ses îles aux noms aussi exotiques que Abacos, Eleuthera, Exumas, Long Island, Conception Island ou Berrys.

Un passager clandestin
Après cette parenthèse enchantée, le couple décide de se fixer à Fort Myers en Floride, reprenant le travail et vivant toujours sur le voilier. Puis Estelle tombe enceinte, le petit Cédric naît en juin 2002 et la petite famille décide de mettre le bateau en vente. Il faut donc remonter le bateau jusqu’en Georgie par la “route intérieure” précédemment citée. Cette fois, le petit Cédric âgé de 5 mois sera de la partie. “Cédric s’est en fait adapté assez bien au bateau. J’ai pris le plus possible de ses affaires pour qu’il ne soit pas dépaysé, explique cette maman attentionnée. Surtout beaucoup de jouets, qui m’ont bien servi lorsque Hugh avait besoin de moi. Je mettais Cédric sur un de ses tapis d’activités et je lui ramenais un jouet différent toutes les 5 minutes pour le faire durer !” Le
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tapis d’éveil est, selon Estelle, la chose la plus pratique qu’ils aient emmenée. Posé sur un espace-lit surélevé et équipé de gros boudins sur les côtés, il permettait d’occuper l’enfant pendant les manoeuvres, sans s’inquiéter qu’il tombe ou roule sous les coussins ! La vie à bord se passe de fait tout à fait bien : peu d’aménagements sont nécessaires pour le bien-être du nourrisson. “La nuit, il dormait avec moi sur la couchette arrière. Je le mettais du côté de la coque et plaçais des coussins entre la courbe de la coque et le matelas pour éviter qu’il glisse et pour le protéger du froid et de l’humidité.” Pour les passages d’écluses, pour plus de sécurité, le petit était bien calé dans son siège-auto. “Comme cela, il pouvait rester à l’intérieur et nous voir et on pouvait le surveiller”, se souvient Estelle.

Baroudeur en herbe
Les escales, en revanche, demandent une sacrée logistique ! “Pour notre escale d’une journée à Ste Augustine, nous avions la poussette à bord et le porte-bébé nourrisson. C’était bon pour cette occasion, mais une personne avec qui j’ai parlé et qui fait beaucoup de voilier avec son bébé, m’a dit avoir acquis un porte-bébé avec armatures métal qui se transforme en poussette ou en siège, sans prendre trop de place dans le bateau”, conseille la jeune maman. Cédric n’a pas posé de problème pendant ces 10 jours. Il faut dire que ses parents avaient pensé à tout ! “Si nous étions partis en mer, il aurait fallu établir un système plus au point au niveau de la sécurité, explique Estelle, comme par exemple, mettre une largeur de tissu épais et résistant, qui part du dessous du matelas et s’attache au plafond - faisant effet de sac lorqu’il y a du roulis.” Avec un jeune enfant à bord, il faut tout prévoir. Comme le rappelle Estelle : “En ce qui concerne les vêtements du petit, j’étais contente d’avoir pris de tout, car il a fait plus froid que je ne m’y attendais et il n’a quasiment pas porté ses affaires d’été ! Il faut en effet se rappeler qu’en route, suivant la direction du vent, il peut vite faire très froid - ou très chaud...” Heureuse de cette expérience, la jeune maman a pourtant du mal à s’imaginer sur un voilier en pleine mer avec un jeune enfant : “Mon mari rêve de partir dans les Caraïbes ou faire le tour du monde. Je ne sais pas si je pourrais le faire. Je crois que si je me décidais, je prévoierais tout beaucoup plus minutieusement que lors de notre départ en couple célibataire !”
Waccamaw river, SC5
Le petit mot de la fin par la maman :
Le rythme des journées se faisait selon les tétées, les changes et les siestes. Je dois dire qu’il a pris beaucoup de mon temps. A la maison, il joue tout seul assez bien, mais sur le bateau, il fallait le prendre souvent à bras et il pleurait s’il ne nous voyait pas pendant plus de 2 minutes. Mon mari a dû être responsable de la plus grande partie de la navigation, alors qu’on partageait ça  à deux avant ! Il a appris à faire les manoeuvres quasiment tout seul !
est-ce possible ?
Une journée-type sur le voilier avec Cédric :
- 6h00 : Le bébé s’éveille et le papa en profite pour se mettre en route d’emblée, levant l’ancre ou les amarres. Une fois nourri, changé et habillé, Cédric joue un peu à l’avant, le temps que la température extérieure se réchauffe (vers 9h00 en Floride et vers 11h00 en Georgie).
- 9h00 : On emmitoufle bébé dans sa veste, son bonnet et sa couverture toute douce et en avant vers le cockpit où Cédric peut admirer papa à la barre ou regarder le paysage !
- 12h00 : Pause sandwich pour les parents et petite sieste pour bébé, tendrement bercé par maman. “Ses siestes n’étaient pas régulières sur le bateau et plutôt courtes”, précise Estelle.
- 18h00 : La nuit commence à tomber. Bébé est épuisé de sa journée et ne demande pas son reste pour aller dormir vers 18/19h, chose exceptionnelle pour lui ! Le bateau se réfugie dans une marina pour la nuit.