[Expat]
“Mes enfants, je les appelle mes petits citoyens du monde !"
Manon, Théo et Hugo ont suivi leur papa dans ses pérégrinations professionnelles entre la France, les Etats-Unis et l’Italie. Sandrine, la maman, raconte comment ils ont réussi à s’adapter à cette vie de nomades.
Depuis toute gamine, une petite voix intérieure lui disait que sa vie à elle serait différente. Sandrine ne voulait pour rien au monde reproduire les modèles parental et grand-parental. “Ma grand-mère me parlait toujours du Canada... sans jamais l’avoir vu !” A 21 ans, sur un coup de tête, elle part à Jersey, dans les îles anglo-normandes, travailler comme hôtesse maritime sur un bateau. C’est à ce moment-là que sa passion pour les voyages prend naissance. Puis, il y a la rencontre avec Dominique, qui, lui aussi, a déjà mis un pied à l’étranger avec des stages réguliers aux Etats-Unis.

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De Chicago à Milan
Fin 1993, ils s’envolent pour Chicago, avec un bébé en route ! “J’étais enceinte de mon premier enfant : Chicago me paraissait le bout du monde. Finalement, j’ai décollé avec les deux tomes de Laurence Pernoud sous le bras, mais le hic concernait surtout le vocabulaire. J’avais peur des erreurs de traduction et de ne pas pouvoir discuter spontanément avec mon médecin.” Pourtant, tout se passe pour le mieux et au bout de neuf mois, naît une adorable fillette. “C’est l’un de mes meilleurs souvenirs. J’étais maman pour la première fois et par la fenêtre, je voyais la John Hancock Tour de 98 étages : ça me paraissait tellement irréel ce petit bout de bonne femme à côté de ce building immense avec son éclairage et notre joie d’être parents !” L’aventure américaine ne durera que 16 mois. De retour en France, la famille reprend ses occupations et accueille un petit garçon. Puis, un beau jour, Dominique reçoit une super proposition de boulot. C’est à Milan, en Italie.

Des fourmis dans les pieds
“Je suis arrivée avec deux enfants, ne parlant pas du tout la langue. Je devais trouver l’école pour la grande, le médecin, les magasins... Je ne me voyais pas du tout être maman à plein temps, surtout avec deux enfants rapprochés, et pourtant, c’est ce qui est arrivé.” Puis petit à petit, Sandrine commence à s’adapter, à faire son trou. Elle participe à un “playgroup” international ; ce qui lui permet de connaître d’autres mamans dans son cas. “Le plus difficile quand on passe d’une expat à l’autre, c’est de tout recommencer à chaque fois ! Quand votre adorable chéri vous dit : Ok, nous sommes transférés de l’autre côté de l’Atlantique, vous avez tout qui s’écroule devant vous comme un château de cartes.” Fin 1998, la famille repart donc vers Chicago... again ! “Les enfants, eux, n’ont aucun problème d’adaptation. Ma grande est passée de l’école italienne à l’ecole américaine sans difficulté. C’est fantastique ! Quand on me demande de quelle nationalité ils sont, je dis que ce sont mes petits citoyens du monde.” Depuis 3 ans et demi, Sandrine et Dominique sont donc dans la Windy City et y ont accueilli un troisième enfant. “Aujourd’hui, nous rêvons de stabilité, c’est pourquoi nous rentrons en France dans les prochains mois (janvier 2003), mais nous connaissant, je ne doute pas que nous aurons de nouveau des fourmis dans les pieds dans quelques temps !”

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Les règles d’or de Sandrine pour une bonne adaptation
- Essayez de ne pas vivre dans une bulle française à l’étranger. Il est important de parvenir à s’intégrer par le biais d’associations locales.
- Prenez des initiatives : à Chicago, j’ai créé une association de familles francophones, avec comme projet de monter une école franco-américaine.
- Gardez le contact avec les amis et les copains rencontrés dans d’autres pays, ça permet de recevoir des emails et du courrier, ce qui est plutot sympa quand on est tout seuls dans un nouveau pays.