[Expat]
Une famille expat en Amérique du Nord
phare.jpg
Depuis 1996, Philippe, sa femme et ses enfants sont expatriés en Amérique du Nord. Ils déménagent souvent au gré des affectations du papa. Celui-ci nous livre ses réflexions sur ce mode de vie anti-conventionnel.
Phare de Nubble, Maine (USA)
Quand, en décembre 1996, Philippe décide de démissionner de son entreprise Toulousaine pour s'expatrier aux USA, tout le monde le traite de fou. Huit ans et trois expatriations plus tard, il prépare un nouveau saut et ne pense pas retravailler un jour en France ! Tout commence par un goût immodéré du voyage partagé avec son épouse. "J'avais déjà fait 3 ans de service militaire prolongé en Allemagne et ma femme avait fait une année d'étude à Brighton, au sud de Londres. Ensuite, le hasard a bien fait les choses quand j'ai travaillé pour cette compagnie américaine à Toulouse." Porté par son rêve d'expatriation, Philippe réussit donc à se faire embaucher par la société mère au Colorado, où ils resteront 3 ans et demi. Le couple part avec ses trois enfants de 7 ans et demi, 6 ans et 3 ans. Tout de suite, sur les conseils d'un directeur en France, ils décident de "lâcher les enfants dans le système américain" selon les propres termes de Philippe. Une opportunité qu'ils ne regretteront pas puisque les enfants s'intègrent très bien dans leur nouvelle école. "Le système public américain prévoit des cours d'ESL [English as Second Language] pour tout nouvel immigrant, explique Philippe. Entre janvier et juin, nos deux filles aînées ont suivis ces cours après le repas du midi chaque jour. Elles sont restées trois mois silencieuses en classe ; ensuite, elles ont commencé à acquérir la langue assez rapidement." Pour eux, l'important était qu'elles trouvent rapidement leurs marques dans leur pays d'adoption.

Comment on devient nomade…
En 2000, la famille s'agrandit avec la naissance d'un quatrième enfant. C'est aussi cette année-là, qu'elle devient "nomade" en déménageant vers de nouveaux horizons : Hudson, dans le New-Hampshire. C'est l'occasion de découvrir d'autres choses et de parfaire son jugement sur leur pays d'adoption. "Aux USA, on a de suite adoré l'accueil, la notion de communauté, qui est forte, raconte Philippe. Le sens civique est assez développé ; les gens disent bonjour, sont souriants et sont prêts à vous aider dès les premiers jours. Evidemment, au début, on a détesté certaines différences culturelles car en tant que français, on a la fâcheuse tendance de croire que l'on a raison et qu'ils ont tort." Mais finalement les points positifs semblent l'emporter puisque Philippe voit peu à peu son regard d'expatrié se modifier : "On prend rapidement du recul sur la France. Notre regard sur ce beau pays change au fur et à mesure du temps qui passe. Au début, on cherche à retrouver les valeurs françaises dans le pays où on se trouve, puis, petit à petit, cela s'inverse : on constate ce qui manque en France." Ils resteront un an sur la côte Est avant de migrer vers le Canada en août 2001.

Accueil mitigé à Montréal
Là, une nouvelle aventure commence avec la découverte d'un pays porteur de beaucoup d'idées reçues. Paradoxalement, les choses ne se font pas aussi simplement qu'elles avaient pu se faire aux USA. "Au Canada, malgré les stéréotypes, l'accueil a été beaucoup plus glacial, voir inexistant. Montréal est une grande ville et les québécois n'aiment pas spécialement les 'maudits' français, assure Philippe. Les enfants étaient dans le système anglophone, car c'est celui qui nous a accueilli le plus facilement dès notre arrivée des USA. Le système francophone, c'est tout une histoire !" Pourtant, la famille Gleizes a réussi à y faire son trou puisque ce n'est qu'au bout de quasiment trois ans, qu'elle repart à l'aventure. Cette fois, c'est Chicago qui est dans la ligne de mire ! Quand on lui demande comment se passent les déménagements, Philippe a l'air serein : "Jusqu'à maintenant, cela s'est bien passé. En ce moment, nous préparons le déménagement pour Chicago, les deux grandes filles de 13 et 15 ans sont un peu plus sensibles à celui-ci, mais elles se font une raison. Evidemment, nous sommes persuadés que ce sera le dernier. Le prochain rendez-vous sera au moment des choix universitaires de nos enfants, d'ici là on va se stabiliser !" Les familles nomades voient en effet toujours le moment où il faut jeter l'ancre quelque part pour préserver l'équilibre des enfants devenus grands. La famille Gleizes n'échappe pas à la règle. Pourtant, dans la tête du père de famille, un petit coin conserve l'idée de prochaines expatriations : les USA encore, ou alors pourquoi pas, l'Australie !
Les conseils de Philippe pour une intégration réussie :
- Ne pas hésiter à repartir de zéro, rien n'est impossible, la vie est trop courte pour ne pas voir le monde.
- Surtout intégrer de suite la culture et les écoles du pays d'accueil.
- Eviter si possible les écoles françaises, sauf si le séjour est court.