[Education]
Expat : école française ou école locale ?
Chaque mois, nous essaierons de dresser un état des lieux de la scolarité dans un pays... car lorsque l’on est expat, on hésite souvent entre l’école locale et l’école française pour ses enfants. Nous donnons quelques pistes et quelques ressentis de familles vivant sur place.
1. Les USA

Ça se passe comme ça... aux USA
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- De 0 à 2 ans et demi : les enfants sont gardés à la maison par la maman ou une nanny. Sinon, les modes de garde n’étant pas très développés, on peut aussi mettre l’enfant dans un daycare (sorte de garderie) ou dans un family daycare (sorte de crèche familiale dans une maison particulière), dont les prix sont malheureusement exorbitants. Avantage : on peut choisir ses horaires.
- De 2 ans et demi à 5 ans : pas d’école gratuite avant 5 ans aux USA. Cela “oblige” à mettre les enfants dans des structures privées, les preschools, telles que les écoles Montessori, les écoles religieuses (toutes les églises en ont une), ou d’autres à pédagogie axée sur les maths, la confiance en soi, l’immersion dans une langue étrangère, etc. Il y a énormement de preschools, c’est un vrai business... Là aussi, il est possible de choisir un temps partiel pour l’enfant.
- A partir de 5 ans, l’enfant entre à l’école publique. Se renseigner car les écoles américaines ne prennent parfois les enfants que s’ils ont 5 ans révolus en septembre... La première année s’appelle le kindergarten, c’est un peu l’équivalent du CP en France. On y apprend à lire, à écrire et à compter et aussi à vivre en communauté (pour certains enfants américains c’est leur première année à l’école)
- Les écoles françaises : il y en a dans toutes les grandes villes américaines, mais le niveau est différent de l’une à l’autre (et les tarifs aussi d’ailleurs ! compter de $8 000 à $15 000 l’année). Le mieux pour choisir ? Le bouche à oreille et les avis d’autres expats.

Témoignages :

Astrid, Palm Springs, 2 enfants
Moi je n'ai pas eu le choix car il n'y a pas d'école française ici. Inès (4 ans) est donc dans une école américaine (catholique). Elle a commencé l'année dernière dans une autre école au rythme de 2 matinées par semaine. Les débuts ont été assez durs car évidemment, elle ne parlait pas un mot d'anglais et je pense, avec du recul, qu'elle n'y allait pas suffisament pour apprendre l'anglais ; donc jusqu'à la fin de l'année, elle ne s'y est pas sentie très bien. Cette année, elle y va tous les matins et en 2-3 mois on l'a vu faire des progrès spectaculaires en anglais. Maintenant elle se débrouille très bien et du coup, elle se sent très à l'aise en classe. Globalement, si j'avais eu une école française au début, je l'y aurais certainement mise ; mais avec du recul, je trouve que l'école américaine est une très bonne expérience pour apprendre l'anglais et pour vraiment s'intégrer. Le niveau est bon (ma mère est prof de maternelle en France et me dit qu'on leur fait faire beaucoup plus de choses ici), les effectifs sont petits (15-20 enfants pour 2 maîtresses) et souvent, il y a pas mal d'activités organisées avec les mères ce qui nous permet de faire un peu notre trou. Bref, voilà mon expérience de la chose même si je n'ai pas tellement de point de comparaison !

Sibylle, San Diego, 3 enfants
En fait, le choix entre école locale et école française dépend beaucoup de l’âge des enfants. Quand nous sommes arrivés, les aînés avaient 2 ans, nous voulions qu’ils apprennent l’anglais pour communiquer, se faire des amis et s’intégrer dans le pays où nous vivions. Nous les avons mis dans une première preschool où ils n’apprenaient rien. Nous nous sommes tournés vers une autre école, à pédagogie Montessori. C’est une bonne transition entre le niveau français et le niveau américain. S’ils avaient été plus vieux, nous les aurions certainement mis dans une école française... bien que la solution de faire faire le CNED en parallèle me semble intéressante aussi. L’école française a plus tendance à pousser les enfants dans leurs apprentissages, ce que l’école américaine fait moins.

Laurence, San Diego, 4 enfants
Nous sommes partis pour 2 ans ici, aux USA. Je voulais absolument qu’ils profitent de ces 2 ans pour apprendre la langue ; voilà pourquoi j’ai choisi l’école locale. Je pense que les enfants sont assez souples pour bien s’intégrer. Et puis, vu le prix des écoles françaises, nous n’aurions pas pu nous le permettre, car nous avons 3 enfants scolarisés. Si l’enfant est prêt à apprendre, n’importe quelle école peut convenir. Les miens sont épanouis, donc ça va. Ils se sont intégrés sans souci : notre quartier est très cosmopolite. J’ai l’impression que les écoles américaines sont plus aptes à accueillir des enfants étrangers, que les écoles en France.

Claire, San Diego, a enseigné à l’école française
L’école locale est bien pour un enfant qui ne va pas rester longtemps. Ça permet une immersion totale dans la langue du pays. En revanche, pour un séjour plus long, l’école française est quand même mieux pour que l’enfant garde un pied dans sa culture et sa langue maternelle... qui s’oublie bien vite lors d’une immersion totale.

Sandrine, Chicago, 3 enfants
De nos différentes expériences d'expats, nous avons toujours privilégié l'école locale. En Italie, à côté de Monza, Manon (3 ans à l'époque) est allée à l'école du village. Là, elle a appris la langue en un trimestre.
Nous avions pris cette solution car :
1/ l'école française était en plein centre-ville de Milan ce qui signifiait des heures d'embouteillage
2/ le prix exorbitant pour la maternelle
3/ meilleure solution pour s'intégrer à la vie locale.
4/ à leur âge, ce sont de "vraies éponges" et c'est tellement facile d'apprendre une nouvelle langue : il ne fallait pas manquer cette chance, nous étions censés rentrer ensuite en France, elle aurait tout le temps de rattraper.
Le destin en a voulu autrement et nous sommes revenus sur Chicago avec cette fois-ci 2 enfants. Nous avons vraiment cherché une école franco-américaine (il y en a 2 downtown Chicago), mais une fois encore la distance nous jouait un mauvais tour : fallait-il privilégier l'école en langue française pour un éventuel retour en France et passer des heures en voiture (ce qui signifiait aucune autre activité extra-scolaire et une très stricte organisation) ou alors aller à l'école du quartier pour être un "normal kid" comme tous les petits voisins et trouver une alternative pour le français ? Le choix fut rapidement fait. Ecole locale + cned. Nous ne regrettons absolument pas notre choix : Manon et Théo sont épanouis, "à l'aise dans leurs baskets". A part des prénoms bien français, il est impossible, pour une personne ne les connaissant pas, de déclarer qu'ils sont étrangers. Ils sont totalement bilingues, parlant l'anglais avec leur accent chicagoan ! Et français avec un petit accent... lyonnais ! En tous les cas, nous sommes heureux pour nos enfants car, avec cette expérience d'école américaine, ils vont rentrer dans 2 mois en France avec une ouverture d'esprit différente de leurs futurs copains. Ils ont déjà une assurance bien américaine, mais Maman leur a aussi expliqué que "c'était ok de ne pas toujours être le meilleur et que good job, ce n'était pas non plus toutes les 5 minutes !”. Si c'était à refaire, je ferais exactement pareil, car par ce système, les enfants ne restent pas dans une bulle franco-française, ils sont confrontés à leur pays d'accueil avec sa culture et ses coutumes et c'est un tel cadeau de pouvoir apprendre comme ça.

Notre avis :
Tout dépend de l’enfant, de son âge, effectivement, mais aussi de son caractère. En général, un petit enfant avant 5 ans, va mettre entre 2 et 6 mois pour parler correctement l’anglais, lors d’une immersion totale. Au départ, il peut y avoir un temps de flottement où l’enfant se replie sur lui-même, ou bien au contraire, il peut devenir un peu agressif... Les maîtresses sont en général très compréhensives. Laisser lui le temps d’emmagasiner ce nouveau langage !
Pour les plus grands, l’école locale peut être bien aussi. A condition que tout se passe bien et qu’ils se sentent épanouis. Sachez quand même que le passage en 1st grade (donc à 6 ans) peut être délicat, car l’élève français n’apprend à lire qu’à 6 ans alors que l’élève américain, lui, a déjà commencé l’année précédente. Il y aura donc un décalage. Pour le corriger, des séances d’after-school reading sont proposées par certaines écoles après les cours. Cela permet à l’enfant de progresser plus vite.
Juste un mot particulier aux pays anglo-saxons : il sera peut-être plus facile de décider, si oui ou non, votre enfant doit apprendre l’anglais... cette langue est en effet universelle et c’est peut être une chance pour vos petits de l’apprendre “en live” !

les écoles françaises dans le monde :
les ecoles bilingues dans le monde :